L’Union pour la Méditerranée : un triple défi pour la France et pour l’UE.L’édification d’une Union pour la Méditerranée proposée, avec une certaine grandiloquence, d’abord dans le discours de Tanger, le 23 octobre 2007, par le président Sarkozy, lors de sa visite d’Etat au Maroc, constitue le rappel d’une intention manifestée dès le 28 février 2007 dans le discours sur la politique étrangère de la France de celui qui n’était alors encore que candidat.
Ensuite, lors de sa visite à Alger, le 8 décembre 2007, le président Sarkozy déclare : « Comme la France offrit jadis à l’Allemagne de construire l’union de l’Europe sur l’unité franco-allemande, la France est venue proposer à l’Algérie de bâtir l’Union de la Méditerranée sur l’amitié franco-algérienne ». Puis, le 30 avril 2008, à Tunis, et en dépit des réserves de l’Allemagne, le président Sarkozy ajoute : « Ce qui se joue en Méditerranée, c’est une certaine idée de la personne humaine ». Cette « Union pour la Méditerranée » demeure la formalisation d’une initiative jugée « peu claire » et plutôt utopique par nombre de diplomates.
D’ailleurs, selon le président français, il s’agit d’un « rêve de paix et de justice, et non pas de conquête », « un grand rêve de civilisation susceptible de soulever le monde », en relevant d’immenses défis. Il s’agit en fait d’un triple défi pour la France et pour l’Union européenne : de nature politique, d’abord ; de nature économique et financière, ensuite ; de nature institutionnelle et culturelle, enfin.
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Jean-François Durantin
Politologue
jfdurantin@yahoo.fr