de Gwas le 12 Aoû 2008, 15:22
Enfant, je croyais qu'il ne pourrait y avoir de plus splendide village qu'Aokas. Ça frisait la conviction. J'en suis presque toujours aussi convaincu. Comme le serait d'ailleurs un quelque villageois pour son village dans une contrée lointaine. Parti en France, je refusais intérieurement qu'un village français soit aussi beau que le mien. Bien entendu il y en avait des aussi beaux. D'autant que la France est le pays que l'on dit musée à ciel ouvert. C'est d'une splendeur et d'une diversité à te flanquer un étourdissement perpétuel. Des villages perchés aux sommets, cohabitant si harmonieusement avec dame nature, un béton qui n'intervient que quand c'est nécessaire, utile, quand c'est pour justement embellir dame nature. C'est aussi harmonieux en plein d'autres pays... Plus tard j'ai compris qu'Aokas est un village tout simplement massacré. La nature de coté qui fait de son mieux et l'homme de l'autre qui salope tout. Parlons franchement, l'architecture d'Aokas est digne d'un pays qui n'a rien à foutre de la civilisation. Je ne parle pas de la sorte pour m'en dissocier , bien au contraire, je me sens quelque part responsable, nous sommes tous responsables de ce qui lui arrive.
Mais malgré tout ça je continue à le considérer comme le plus beau village du monde... Suffit d'admirer les photos; une nature d'une magnificence et d'une somptuosité... mais dès que tu poses l'œil là où il y a l'homme, là où le béton, là où les maisons, tu en es tout de suite écœuré. Une chose me réconforte toutefois: on a beau saloper Aokas, le sursaut de dame nature est derrière chaque coucher, chaque lever, dans le murmure des ruisseaux, dans le glouglou des ruisselets, dans la rosée du matin, dans le gargouillement des vaguelettes, dans le bruissement des feuillages...