Salut les gars.
Il était une fois dans ce continent qui est le mien, sous le caroubier de Bouaza, assis , une cigarette à la main, je meditais, au gré de la fumée, sur un fond de murmure des eaux des riviéres temporaires environnantes, sur une Amérique lointaine, voir inaccessible."White Limousine" qui était pour moi une sorte de "Song From Heaven" deviendra-t-elle, en l' éspace d'un voyage, à la portée de mes fesses? De cette éspéce de mirador, je regardais l' horizon: Pas la moindre lueur à pérte de vue.Pour moi,le bonheur, c'est sur qu'il est ailleurs.
Il y' avait, autour de moi, dans les champs, autant de couleurs que dans la lumiére décomposée par le prisme du Dark Side of the Moon. Les couleurs exotiques des oiseaux et des papillons melées à celles locales des fleurs, faisaient de ce dernier printemps de mes 30 ans , un printemps à part. Le printemps de mon départ.Celui qui portait l' empreinte ultime du cri de ma naissance, sans proies ni prédateurs.Un printemps que je ne pourrai trouver nulle part ailleurs. L' abondance de biens ne nuit pas, abondant etait le nectar. Les bituneuses n' avaient aucune raison de rater leur miel, il y' avait assez de moucherons pour que les guepes ne se melent. Enfin,Il y' avait de tout pour réussir une gelée royale plus douce que l' ambroisie.
En plein milieu de ce printemps qui a tout fait fleurir, j' entendais chanter la naive Zartati qui, à l' inverse de la maline Fatma Kahliche, la femelle de Moussa Kahliche, n' a jamais bien su cacher son nid. "Arbi3 Yassad Agarthil" (le printemps a étalé le tapis), etait l' expression poétique la plus appropriée pour décrire un printemps en telle extase. C' est, honorablement, le titre d'un poéme écrit par notre Mohand Oulhoucine à l' époque ou chacun de nous était un improductif bérger de sa vache unique du coté de Tiboura.
Ma pensée qui s' était mélée au décor, s' est soudainement heurtée à Madani Amer et Cherif Messadia, 2 sentinelles de l' apocalypse algerien qui étaient pour moi une sorte de barriére psychologique pour un bonheur en Algerie. Ma terre malchanseuse, me suis-je dit, ne pouvait pas enfanter plus mal.L' Algérie comme une orpheline qui n'a jamais connu l' affection d'un pére, a prouve par le FIS qu' elle a perdu le saint ésprit. Vas ma terre au syndrome de l'Afrique ne pensons plus qu' à l' Amerique ! Avais-je rime dans une sorte de déséspoir tranquille.
Mais maintenant cher ami,tu emprunteras à ma place les chemins qui montent vers ma colline oubliee, tu salueras de ma part mon arbre préféré et tu lui diras de bien vouloir veiller à ce que les étés et les glaces ne fassent pas, de mon patelin, disparaitre mes traces.Qu' au regard de son partant, notre patelin était si beau.
Si l'exil le permet bien, j'ecrirai un jour en lettres d' or, quelque part, je saurai où, ces 2 terribles vers de La Martine:
Pretez-moi, seulement, vallon de mon enfance,
Un asile d' un jour pour attendre la mort.
NB: Cette lettre, je l'avais ecrite aux environs de l'an 2000 dans des conditions nostalgico-romantiques bien particulieres. Je l'ai publiee pour la premiere fois à l'epoque ou les 2 forums Aokas n' en faisaient qu' un seul. Comme il y' a dans ce forum des amis comme Idurar qui disent aimer mon "lyrisme" ,je la re-publie pour eux, à l' initiative d' Ighinder.








