de Gwas » 16 Juin 2008, 20:33
C'est quand même incroyable la façon qu'ait l'homme à dramatiser ou, au contraire, à dédramatiser certains phénomènes. Comment désacralise-t-on ou sacralise-t-on, comment le normal, le banal, le routinier chez des sociétés est honni, banni, rejeté dans d'autres. Etre vierge au Canada, en France, en Norvège relève du délire, de quelque anomalie organique, tant que pour eux sexualité va de pair avec nutrition, avec boire...Etre d'un pays musulman ultra-conservateur ou de quelque société ultra-traditionaliste et perdre sa virginité relève de la calamité, de l'inconcevable et de l'inadmissible. Il est des sociétés qui ont un système punitif très rigoureux à ce sujet. Mais si l'on se pose la question du pourquoi de cette divergence la réponse est simple: chacun son capital symbolique comme dit Bourdieu. Un capital culturel, historique, sociologique... L'histoire a joué en nous un rôle capital dans l'approche de notre environnement, dans notre perception des choses. Difficile de s'en disloquer, ou à la limite, il faudrait être muni d'une culture universelle. Mais une autre question s'impose: Le modèle "universaliste" actuel est en grande partie dicté par le modèle occidental de penser la vie, de percevoir ce qui nous entoure et ce qui est en nous. La première cause du phénomène de la virginité est à mon avis la domination masculine qui a de tout temps poussé le culte de la virilité jusqu'à des degrés insensés. La plupart des sociétés dans le monde sont patriarcales, et, donc, ont eut tout le dévolu pour fantasmer sur tout ce qui touche le champ d'expression féminin, aussi bien en pratique quotidienne qu'en moyens d'expressions divers comme la littérature, la peinture, la sculpture...etc. Et puis, il y a l'impact religieux sur les sociétés. Ce qui amène bien des sociétés à diviniser jusqu'à l'acte ou l'attouchement sexuel. D'où sans doute cette divinisation pour la femme dans toutes les littératures de l'espace musulman. Exemples: Nedjma de Kateb est une femme déesse embaumée dans tous les mystères. Aaazi de La colline oubliée apparait à Mokrane lorsque il agonisait d'hypothermie comme une femme venue de l'au-delà, spectrale, les cheveux qui ondoient, nimbée d'une lumière divine... Qui de nous, enfants, n'avait pas eu à imaginer le mystère indéchiffrable de la nuit de noces. Le lendemain, je regardais le mari comme si il revenait d'une quelque autre planète où il venait de se délecter de quelque onctuosité inconnue à nous les normaux! Les contes Kabyles, comme dit un grand anthropologue allemand, sont parmi les plus érotisés au monde. On y parle de la femme comme d'une nymphe ou d'une fée. C'est pour ça peut-être la nouvelle tendance de nos filles à la sodomie, la fellation, l'entre-cuisses... Arriver coûte que coûte vierge le jour J... Quitte bien entendu à passer parfois par l'hyménoplastie ou par je ne sais quoi... Qui est le fautif? L'homme.